J’aime tester plein de choses mais je n’ai pas vraiment de passion : suis-je multipotentiel ? (et pourquoi c’est génial !) 

par | 12 Sep 2022

« Pour quoi suis-je faite professionnellement ? », « Pourquoi je n’ai pas de vocation ? », « Quel emploi est vraiment fait pour moi ? », « Quel est mon talent à moi ? », « Pourquoi je m’ennuie déjà dans mon travail ? »… Est-ce qu’il vous arrive de vous poser ces questions sans jamais réussir à y trouver des réponses ? Alors lisez la suite, vous pourriez bien être multipotentiel !

J’ai longtemps cherché ma « vocation » professionnelle, j’ai rempli des cahiers d’exercices pour trouver ma voie, et j’ai même suivi un bilan de compétences dans l’espoir d’avoir ce fameux tilt « voilà, je suis faite pour ça, j’ai trouvé ! ». Parce que l’on connaît tous des personnes qui savaient déjà ce qu’ils souhaitaient faire depuis le collège, et qui trouvent toujours autant de plaisir dans leur métier, leur « vocation ».

Sauf que je n’ai jamais eu ce fonctionnement : 

  • J’ai déjà fait plusieurs métiers, je me forme, je me reforme, je fais une reconversion, puis une autre. J’évite de regarder les formations existantes, je ne suis jamais à l’abri d’une nouvelle envie de reconversion ! 
  • Si je fais toujours les mêmes tâches, je m’ennuie vite au travail. Je me souviens même être tombée sur des articles sur le « bore-out », l’épuisement professionnel par l’ennui. Et dès que l’on me confie un nouveau projet où j’ai de nouvelles choses à apprendre et à découvrir, j’ai des papillons dans le ventre.
  • À la rentrée, j’ai envie de m’inscrire à plein d’activités, artistiques ou sportives. Sauf que c’est une vraie contrainte pour moi : il faut s’engager durant un an, et moi j’ai envie de tester plein de choses différentes sans pour autant devenir experte du sujet.
  • Je commence plein de choses que je ne termine pas toujours, dans le sens où, arrivé à un certain moment d’expertise, ça ne m’intéresse plus. Par exemple, je me suis mise à la couture. J’ai appris à coudre, à comprendre et suivre un patron, à réaliser mes propres vêtements. J’ai investi dans une machine à coudre, puis dans une surjeteuse. J’ai pratiqué et pratiqué de manière intense, soir et week-end, sur une courte période, jusqu’à créer plusieurs vêtements dont j’étais satisfaite. Et puis j’ai arrêté. J’ai découvert la couture, c’était chouette, je suis ensuite passée à une autre passion : apprendre à dessiner.

Est-ce que tout ce que je vous raconte là vous parle ? Si c’est le cas, vous êtes peut-être « multipotentiel ». Et pourtant, je n’aime pas les cases. Forcément : le multipotentiel n’entre pas dans les cases…

Gardez également en tête qu’il n’existe actuellement pas de diagnostic concernant la multipotentialité. Ce qui, j’en conviens, peut donner lieu à des débats quant à la véracité de ce fonctionnement. Je préfère donc l’aborder comme une connaissance de soi : je ne m’attribue pas cette étiquette et je n’en parle jamais, pour autant, découvrir le concept de multipotentialité m’a permis de constater que je ne suis pas seule à avoir ce câblage de cerveau, et d’apprendre à me connaître pour en faire une force professionnelle.

Suis-je multipotentiel ?

Une fois encore, à ma connaissance je le répète, il n’existe pas de diagnostic validé, qui permettrait d’acter scientifiquement une multipotentialité. Je vais donc vous parler de mon expérience et des échanges que j’ai pu avoir avec d’autres personnes multipotentielles.

C’est Emilie Wapnick, qui a parlé de multipotentialité dans un TedX* intitulé « Pourquoi certains d’entre nous n’ont pas de vocation » en 1972.

*Le TED est une fondation américaine à but non lucratif qui organise des conférences autour de sujets variés comme le développement personnel, la santé, les arts, la créativité, l’entrepreneuriat.

L’accroche de ce TedX résume bien l’une des pensées qui tracasse le multipotentiel : « Si vous n’êtes pas sûr que vous voulez faire la même chose pour le reste de votre vie, vous n’êtes pas seul », « Emilie Wapnick décrit le type de personnes qu’elle appelle « multi-potentialistes » : ceux qui ont toute une palette d’intérêts et de métiers pendant leur vie ».

Dans cette conférence Emilie parle de son problème : ce n’était pas qu’elle ne s’intéressait à rien, mais qu’elle s’intéressait à trop de choses. Au lycée, elle aimait les maths, l’art, créer des sites web, jouer de la guitare. Quand elle commençait à s’intéresser à quelque chose, elle plongeait dedans et y mettait son énergie. Elle devenait plutôt douée, puis commençait à s’ennuyer. Ce qui générait de l’anxiété : le peur d’avoir un problème, de ne pas pouvoir rester fidèle à un sujet. Enfin, elle y évoque les avantages de la multipotentialité qui peut devenir une force dans la vie professionnelle. 

De part mes échanges avec des multipotentiels, je vous partage quelques indicateurs communs : 

  • Vous apprenez rapidement, et une fois que vous maîtrisez bien un sujet, vous ne ressentez pas le besoin d’en devenir expert, d’en faire votre métier ou de vous adonner à cette passion pour toute la vie. Sans vous en rendre compte, vous vous mettez à vous intéresser à autre chose. 
  • Vous aimez vous former, apprendre de nouvelles choses, même si ce n’est pas en relation avec votre travail. Vous achetez même parfois des formations ou des masterclasses que vous ne regardez pas jusqu’au bout : entre temps, vous avez déjà creusé le sujet par vous-même ou êtes passé à autre chose.
  • Si vous faites régulièrement les mêmes tâches professionnelles, vous ne le vivez pas comme une sensation confortable ou la satisfaction d’être expert de votre domaine… Vous commencez plutôt à vous ennuyer et vous poser des questions comme « Suis-je vraiment fait pour ce métier ? ».
  • Quand vous êtes face à une journée libre où tout est possible, vous avez envie de faire des tas de choses : cuisiner, jardiner, lire un livre, bricoler, dessiner, apprendre une nouvelle langue… Et parfois, vous ne commencez finalement rien du tout, car il est très dur de choisir et de renoncer à tout le reste qui vous tente autant.
  • Vous avez l’impression de penser trop : des idées en permanence, des pensées qui renvoient vers d’autres pensées qui renvoient vers d’autres pensées… 
  • Quand vous vous intéressez à un sujet, vous avez besoin de touuuut apprendre et savoir : comprendre, lire des livres, des articles… Même si le sujet ne fait pas partie de votre domaine de prédilection initial, si vous vous y intéressez, ça ne peut pas être à moitié. 

Ces fonctionnements peuvent parfois être mal vécus à titre professionnel et personnel. Pourtant, vous n’êtes pas seul. Et c’est en se connaissant davantage et en acceptant ce câblage de notre cerveau, que l’on peut en faire un vrai atout !

Multipotentialité et vie professionnelle

À première vue, la multipotentalité n’est la meilleure qualité à titre professionnel : si l’on vous a transmis la norme d’une vocation, d’un CDI et d’une longue carrière stable dans un même poste toute votre vie, parce que c’est le schéma le plus sécurisant pour gagner de l’argent et payer ses charges, il est possible que vous vous sentiez oppressé avec une sensation permanente d’être différent, pas taillé pour rentrer dans la moule. Les personnes multipotentielles ont du mal à s’imaginer toute leur vie dans un seul et même métier, elles ont du mal à choisir un poste, elles ont envie de toucher à tout. Si votre entourage a un fonctionnement différent, vous pourriez ne pas vous sentir à la hauteur, anormale parfois, car votre cerveau lui, n’est pas calé sur la même fréquence.

On nous a aussi tellement répété qu’il faut une cohérence dans notre CV, des expériences qui se ressemblent avec une ascension de poste en poste dans un même domaine, pour éviter un CV brouillon qui ne répondrait pas à l’emploi auquel on postule, qu’il peut être difficile de concevoir que varier les projets dans sa carrière peut être un atout. 

Pourtant, la norme actuelle change : il est plus courant d’exercer plusieurs métiers dans sa vie que de passer sa carrière entière au sein du même poste ou de la même entreprise. Et cette capacité à apprendre vite, à acquérir rapidement de nouvelles compétences, à se former, voire même s’auto-former, peut vous être très précieuse si vous êtes confronté à une nécessité de changer d’emploi. 

L’une des clés qui m’a aidée à mieux vivre cette multipotentialité à titre professionnel, et à me détacher de l’idée de trouver LE job fait pour moi, est de trouver mon fil conducteur. Il y a, derrière nos choix, un moteur de motivation qui nous pousse à nous diriger vers telle ou telle activité, tel ou tel sujet. Trouver ce moteur de motivation, permet de vraiment se connaître et d’être en capacité de construire et expliciter son CV, son parcours, ce qui nous anime. Cela nous permet aussi de mieux sentir vers quelle expérience professionnelle nous diriger puisque nous n’avons pas de vocation spécifique : cela répondra-t-il suffisamment à notre moteur de motivation ?

Même si le multipotentiel peut se sentir « anormal » et s’en vouloir de son incapacité à s’ancrer dans un emploi stable pour toute sa vie, il a bien des qualités pour un employeur ou pour créer sa propre entreprise : il est curieux, a une grande soif d’apprendre (donc si besoin, il pourra basculer facilement sur un autre poste ou imaginer de nouvelles offres dans son entreprise), il est multi-tâches, créatif et s’adapte facilement.

Il a cependant besoin de projets variés, peut s’ennuyer plus ou moins rapidement, être hypersensible, et recherche souvent du sens dans son travail. 

Les personnes multipotentielles sont des touche-à-tout, en capacité d’exercer différents métiers, de se former, de se renouveler. Des qualités qui peuvent devenir de vraies forces en acceptant votre fonctionnement et en trouvant un environnement de travail adapté ! 

Le multipotentiel dans sa vie personnelle

Dans sa vie personnelle, le multipotentiel peut paraître déroutant pour son entourage : il a du mal à choisir, du mal à se décider. Choisir c’est renoncer, et les personnes multipotentielles peuvent avoir du mal à se décider sans avoir expérimenté : c’est en faisant les choses qu’ils peuvent sentir si cela leur convient. 

Il peut se lancer dans une nouvelle activité artistique et en changer quelques mois après, alors qu’il avait investi dans tout le matériel nécessaire pour s’y mettre et se perfectionner. Résultat, il accumule souvent le matériel créatif, les livres… 

D’ailleurs, lorsque les inscriptions pour des activités ouvrent à la rentrée, je me retrouve à avoir envie de tout faire et ne m’inscrire à rien : s’engager pour une année à pratiquer la même activité, c’est contraignant pour un multipotentiel.

Mon petit doigt me dit que je ne suis pas la seule chez Acapelart, l’équipe connaît bien la multipotentialité et a créé une entreprise à son image : Acapelart a imaginé des ateliers artistiques et linguistiques, sans engagement sur un an comme cela est proposé la plupart du temps. Vous pouvez vous inscrire quand vous le souhaitez dans l’année, et opter pour un forfait de 10 séances afin de découvrir une activité. De quoi stimuler les multipotentiels : vous pouvez apprendre le dessin, les échecs, le chant, le théâtre, la magie, ou encore prendre des cours d’anglais, de chinois, de japonais, d’allemand… Le tout en visio à distance, pour pratiquer sans contrainte de trouver une activité près de chez vous, ou dans l’un de nos ateliers en présentiel.

Si vous pensez être multipotentiel, vous n’avez donc peut-être pas UN emploi « fait pour vous » ou une activité artistique qui vous est destinée, mais vous avez plutôt des centaines de possibilités, et pouvez même créer votre propre entreprise pour apprendre encore et toujours et proposer autant d’offres que vous avez de nouvelles envies et idées ! Alors, ce n’est pas génial ça ?!

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Être multipotentiel : en faire une force professionnelle - Acapelart

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